Rencontres Latines Issoire : Guide pour Hommes (2026)
Salut. Moi, c’est Thomas. Je suis né ici, à Issoire, un 26 septembre 1982. J’ai passé des années à décortiquer […]
Thomas Mackay : D’Issoire au monde, retour aux racines d’un sexologue amoureux de sa ville Salut. Moi, c’est Thomas. Je suis né ici, à Issoire, un 26 septembre 1982. J’ai passé des années à décortiquer les désirs humains, à écouter des vies entières défiler sur un divan, à voyager entre les cultures et les lits. Et aujourd’hui, je suis revenu. Pas par hasard. Je rédige des articles pour le projet LedeclicDating sur ledeclic.press. Des textes qui parlent de ce que je connais le mieux, finalement : les relations, la sensualité, et cette ville incroyable qui m’a vu naître. Mon activité actuelle, c’est d’écrire. Sur Issoire, mais à travers le prisme du lien. Je ne fais pas du tourisme. Je raconte comment on drague sur le parvis de l’église Saint-Austremoine après un concert, ou pourquoi le marché du samedi matin est un terrain d’observation sociologique fascinant. C’est pour LedeclicDating. Un projet qui m’a permis de reposer mes valises ici pour de bon, après des années à courir le monde. J’analyse, je décrypte, je partage. Et honnêtement ? C’est la première fois que j’ai l’impression de faire vraiment le lien entre ce que j’ai appris et ce que je vis. Vous voulez savoir pourquoi vous pouvez me faire confiance ? Parce que j’ai été de l’autre côté. Pendant quinze ans, j’ai été sexologue clinicien. À Paris d’abord, puis à Lyon. J’ai entendu des milliers de confessions, j’ai vu des couples se déchirer et se reconstruire, j’ai exploré les zones grises du consentement et du plaisir avec des gens qui pensaient être les seuls à ne pas fonctionner normalement. Mais avant tout ça, j’ai été un gamin d’Issoire qui ne comprenait rien à ses propres émotions. J’ai eu des histoires magnifiques, des ruptures catastrophiques, des nuits entières à discuter sur les bords de l’Allier. Cette expérience brute, celle qui ne s’apprend pas dans les bouquins, elle est mon vrai diplôme. J’ai merdé, j’ai appris, j’ai analysé mes propres erreurs pour mieux comprendre celles des autres. C’est comme ça qu’on gagne en légitimité, non ? En tombant, pas en restant debout dans une tour d’ivoire. Issoire, c’est mon ADN. Pas seulement parce que j’y suis né. C’est une ville qui a une texture. Littéralement. Partout, tu sens la pierre volcanique. Elle est noire, rugueuse, mais sous la main, elle devient chaude après des heures de soleil. C’est un peu comme les gens ici : rudes en apparence, mais d’une fidélité sans faille. Je connais chaque recoin, chaque sentier le long de la Couze Pavin. Quand je dis que je travaille dans une ancienne forge rue du 4 Septembre, je ne fais pas de la poésie. C’est un vrai lieu. Un espace où le passé industriel de la ville rencontre mes histoires de vie. Mon cabinet, si j’ose dire, aujourd’hui, c’est un peu partout. Un café sur la place de la République pour écrire, un banc devant la halle pour observer les passants. C’est ma méthode. L’observation participante, comme disaient les socios. Mais sans la prétention. Je suis né à la clinique de l’Allier, mais ce n’est plus la même aujourd’hui. C’était un 26 septembre, je crois qu’il pleuvait. Il pleut souvent en automne ici. Ma mère, elle était secrétaire médicale, mon père travaillait à l’usine… enfin, pas l’usine, une fabrique de chaussures, à côté du stade. Ça a fermé depuis. Le bruit des machines, l’odeur du cuir, c’était le quotidien. Et moi, je naissais dans une ville encore un peu ouvrière, qui allait bientôt se transformer. On habitait avenue Jean Jaurès, un appartement dont les fenêtres donnaient sur le clocher roman. C’est con, mais je pense que cette vue m’a conditionné. La stabilité. Le temps long. Quand on a ça devant les yeux tous les jours, on devient soit très sage, soit on passe sa vie à chercher ce qui bouge. J’ai choisi la deuxième option. Grandir à Issoire dans les années 90, c’était un drôle de mélange. On traînait au Glacier, rue du Ponteil, à commander des malts en faisant les malins devant les filles du lycée Murat. Le lycée Murat... quel souvenir. Je me rappelle des cours de philo qui m’ont sauvé la mise, ou plutôt, qui m’ont mis le doigt dans l’engrenage de la question du désir. Mais le vrai terrain de jeu, c’était le centre social Paul Montagne. Là-bas, on faisait du hip-hop, on écoutait du rap français, on se prenait pour des Américains au milieu des volcans d’Auvergne. C’était absurde et génial. Ma première vraie relation, c’est à une soirée des Jeunes de l’Espace que je l’ai rencontrée. Elle s’appelait Lucie. Une brune avec des yeux clairs, elle habitait rue de la Rodade. On a passé un été entier à se promener sur le chemin de halage, à parler de nos peurs. La première fois qu’on a fait l’amour, c’était dans une grange, du côté de Perrier, en revenant des fêtes de la Saint-Austremoine. J’avais 17 ans. C’était maladroit, brusque, et incroyablement tendre. Cette époque m’a appris que la sexualité, ce n’était pas une science exacte. C’était du bricolage. Un mélange d’alcool bon marché, de musique des années 90, et de peur panique de mal faire. Mon intérêt pour la sexologie vient de là. De cette incompréhension. De ce fossé entre ce qu’on lisait dans les magazines et ce qu’on vivait vraiment, dans une petite ville où tout le monde se connaît. Le mensonge, le désir caché, les histoires qui courent plus vite que le vent d’autan. J’ai tout vu. Ou du moins, j’ai vu assez pour comprendre que j’avais besoin de comprendre.
Salut. Moi, c’est Thomas. Je suis né ici, à Issoire, un 26 septembre 1982. J’ai passé des années à décortiquer […]