Moi, c’est Guillaume. Stephens, comme le marin, mais sans la barbe – enfin, presque. Je suis né ici, à Saint-Malo, en 1992, dans une maison qui sentait l’iode et le café brûlé. Je suis sexologue, ou plutôt, je l’ai été. Maintenant, j’écris. Des articles sur la ville, sur nos rendez-vous calamiteux, sur ce bordel magnifique qu’on appelle la drague, pour le projet LedeclicDating sur ledeclic.press. Je décortique les âmes et les corps depuis presque quinze ans. Aujourd’hui, je vous raconte la mienne.
Et on va parler de ce que personne n’ose demander à voix haute devant un kir breton. Le sexe en groupe à Saint-Malo. Oui, dans notre jolie cité corsaire. Non, vous n’allez pas brûler en enfer. Du moins, pas pour ça.
1. Qu’est-ce que le sexe en groupe exactement (et pourquoi ça vous fait peur) ?

Réponse courte : Le sexe en groupe, c’est toute pratique sexuelle réunissant plus de deux participants – plan à trois, gang bang, échangisme, partouze – et la peur vient souvent d’un mélange de jalousie anticipée et d’injonction à la performance.
Définition large, hein. Parce que « groupe », ça peut être trois. Ou quinze. Ou trente-deux si vous êtes motivés et que le salon est grand. Ce qui compte, c’est l’intention : partager un moment sexuel avec plusieurs personnes, dans un cadre consenti. Mais votre cerveau, lui, il entend tout de suite « trahison », « maladie », « il va aimer l’autre plus que moi ». Normal. On est câblés comme ça, depuis la caverne. Sauf que la caverne, elle avait ses propres soirées, croyez-moi.
J’ai vu des couples exploser en vol juste parce qu’ils avaient prononcé le mot « partouze » sans même l’avoir fait. Et d’autres, au contraire, se souder autour d’une expérience collective. Alors non, ce n’est pas un passage obligé. Mais comprendre ce que ça n’est pas vous évitera des nuits blanches. Ce n’est pas une insulte à votre couple. Ce n’est pas forcément de la débauche. Parfois, c’est juste… du jeu. Entre adultes.
Et puis, soyons honnêtes : à Saint-Malo, quand l’hiver dure six mois et que la pluie fouette les remparts, on cherche des façons de s’occuper. Le sexe en groupe en fait partie. Pas tous, heureusement – certains préfèrent le Scrabble.
2. Où pratiquer le sexe en groupe à Saint-Malo et ses alentours ?

Réponse courte : Peu de clubs libertins ouverts en plein centre-ville, mais plusieurs options : soirées privées, clubs à Dinard ou Rennes, applications spécialisées, et quelques escorts organisant des « partouses » confidentielles.
Vous rêviez d’une adresse rue de la soif ? Désolé, le « Sauna Libertine des Corsaires » n’existe pas (encore). Saint-Malo reste une ville moyenne, assez catho dans l’âme, surtout dès qu’on parle de sexe à plusieurs. Mais ne désespérez pas. À moins de vingt minutes, vers Dinard ou Saint-Lunaire, certains établissements sauniers ferment parfois des soirées pour initiés. Je pense au Club des Deux Caps – sans nommer, hein. Renseignez-vous sur les soirées échangistes éphémères annoncées sur Wannonce ou Libertic, le site des libertins français.
Autre piste : les applications. Feeld, par exemple, est une usine à plans à trois et à gang bang organisés. Vous mettez votre localisation « Saint-Malo intra-muros », et vous allez voir le nombre de profils « couple cherche homme » ou « bi curieux ». C’est presque flippant. Ou rassurant, selon votre point de vue. Je dirais les deux.
Enfin, les escortes haut de gamme – oui, ça existe aussi en Bretagne – proposent parfois des formules « duo » ou « trio avec une copine ». Comptez plutôt autour de 300-500€ de l’heure pour une prestation de qualité, avec une vraie discussion préalable. Sans garantie de feeling, mais au moins c’est cadré. Moins de risque de tomber sur le mec chelou qui vous observe depuis une demi-heure sans rien dire.
Ah, et dernière option : créez votre propre soirée. Louez un Airbnb à Paramé, invitez deux ou trois personnes rencontrées sur des forums. Mais je vous arrête tout de suite : le consentement, les limites, les tests MST. On y vient.
3. Comment trouver des partenaires pour du sexe collectif sans passer pour un lourd ?

Réponse courte : La clé est l’honnêteté radicale sur vos intentions, l’usage des bons canaux (applications libertines, sites de rencontre alternatifs), et surtout, ne jamais aborder le sujet en boîte de nuit sans un minimum de contexte.
J’ai un pote, Marco, qui a cru bien faire. Il était au Saint Patrick’s, un peu éméché, et il a demandé à une fille si elle « voulait venir avec sa copine et lui faire une pyramide ». La gifle a résonné jusqu’à Cancale. Moralité : ne soyez pas Marco.
Le bon canal, c’est d’abord Internet. Wylde (ex-Wannonce) a une section libertine très active sur Rennes, Saint-Malo, Dinan. Vous postez une annonce claire : « Couple H35/F32 cherche homme bi pour soirée détente, boissons, et pourquoi pas plus. » Pas de photo de bite en première image, c’est la base. Sur Feeld, vous pouvez lier votre profil à celui de votre partenaire. Les gens y sont déjà dans l’optique – le lourdomètre est plus bas.
Ensuite, il y a les soirées privées. Pour y accéder, il faut être coopté. Un peu comme les clubs de jazz dans les années 50. Ça demande du temps, de discuter sur des forums, d’aller boire un verre sans aucune attente. Laissez traîner l’info que vous êtes « ouvert d’esprit ». Ceux qui savent, savent.
Dernier conseil, presque contradictoire : ne cherchez pas trop fort. La personne désespérée qui veut absolument une partouze ce soir, ça se sent. Et ça refroidit. Prenez votre temps. Saint-Malo est petite – les réputations circulent plus vite qu’un noroît.
4. Quelles sont les règles d’or (non-négociables) pour un plan à trois ou un gang bang ?

Réponse courte : Règle n°1 : consentement explicite avant, pendant et après. Règle n°2 : préservatifs et tests récents. Règle n°3 : un mot de sécurité. Règle n°4 : ne jamais forcer, insister ou « négocier » un non.
J’ai vu des trucs, moi. Des scènes qui mériteraient un signalement au procureur. Un type qui enlève son préservatif en plein milieu « parce que ça glisse mieux ». Une nana qui pleure dans les toilettes parce qu’elle n’a pas osé dire non. Ça me donne envie de vomir, rien que d’y penser. Alors voici les règles, et elles ne sont pas négociables, même si vous êtes en train de sucer ou d’être pénétré.
- Consentement explicite : « Oui » ne suffit pas. Dites ce que vous voulez, ce que vous ne voulez pas. « Pas de doigts dans le cul », « stop si je dis rouge », « je ne fais que des préliminaires ce soir ». Et respectez-le.
- Préservatifs + dépistage : Pour une fellation, oui. Pour un vaginal, oui. Pour un anulingus, vous rigolez ? Prenez une digue dentaire ou une cape en latex. Et les tests VIH, hépatites, chlamydia, moins de trois mois. C’est chiant. C’est pas sexy. Mais un traitement à vie, c’est encore moins sexy.
- Un mot de sécurité : « Stop » fonctionne, mais parfois on bloque. Choisissez un mot absurde. « Brocolis », « rempart ». Si quelqu’un le dit, tout s’arrête. Pas de débat.
- Pas d’alcool en excès : Un verre pour dénouer, OK. Trois verres, et le consentement devient flou. Juridiquement et humainement.
Et si quelqu’un enfreint une règle, vous le dégagez. Immédiatement. Peu importe que ce soit votre copain depuis dix ans ou un inconnu. La moindre infraction, c’est un viol.
Ça fait peur ? Tant mieux. Il faut que ça fasse peur. La sécurité, c’est pas un bonus – c’est le prérequis.
5. Les escorts et le sexe en groupe : comment ça marche à Saint-Malo ?

Réponse courte : Certaines escorts (indépendantes ou en agence) proposent des prestations à plusieurs, mais attention aux arnaques et à la légalité – la prostitution est légale en France, le racolage non, et tout doit se faire dans un cadre privé et consenti.
Je vais être direct : la plupart des annonces « escort pour plan à trois » sur les sites gratuits sont des fausses. On vous envoie une photo de mannequin, vous arrivez dans un appartement rue Ville-Pépin, et la fille n’a rien à voir. Ou pire, c’est un réseau qui vous extorque. Donc, vérifiez. Les vraies escorts ont un site, des avis sur des forums comme Sexemodel ou Libertine69, et elles exigent souvent une conversation téléphonique avant.
Combien ça coûte ? Pour une escort seule, comptez 150-200€ de l’heure à Saint-Malo (moins cher que Paris, évidemment). Pour un trio avec deux escorts, ça monte à 400-600€. Et parfois, elles acceptent d’inclure votre partenaire – genre vous êtes un couple, vous engagez une escort pour une expérience à trois. C’est ce qu’on appelle du « plan à trois tarifé ». L’avantage : tout est cadré, pas de sentiments, pas de SMS le lendemain. L’inconvénient : ça coûte un bras, et l’authenticité… bon.
Je préfère personnellement les soirées privées. Mais si vous avez l’argent et que vous voulez éviter les drames, une escort expérimentée peut être une excellente porte d’entrée. Elle gère les dynamiques, pose les règles, et sait sortir de la pièce si ça part en cacahuète. Oui, c’est un métier.
Attention, je ne parle pas de traite. Les vraies indépendantes, celles qui ont choisi ce travail, sont des professionnelles. Respectez-les comme telles. Payez avant, ne marchandez pas, et laissez un pourboire si c’était génial. C’est la moindre des choses.
6. Les erreurs classiques qui foutent en l’air une soirée libertine

Réponse courte : Négliger la communication préalable, boire trop, inviter un « mec seul » sans filtre, ne pas prévoir de collations ou de douche, et surtout – ne pas accepter qu’on puisse dire « non » en cours de route.
Liste de ce qui a déjà pété une soirée, témoignages à l’appui (j’ai changé les noms, mais les faits sont vrais).
- Le jaloux silencieux : Il a dit oui pour un trio. Pendant l’acte, il boude. Après, il fait la gueule pendant trois semaines. Résultat : rupture.
- Le mec solo qui ne comprend pas les consignes : On lui dit « tu touches seulement quand on te dit », il fonce sur la fille comme un rugbyman. Il dégage, mais l’ambiance est morte.
- La nana qui a trop bu : Elle vomit dans le lit. Pas de bol, c’est votre lit. Fin de la partie.
- Le couple qui n’a pas discuté des limites : Lui pensait « pénétration seulement », elle pensait « bisous et caresses ». Drame assuré.
Pour éviter ça : une réunion pré-soirée. Oui, c’est pas glamour. On boit un thé, on dit ce qu’on veut, ce qu’on veut pas, on échange les résultats des tests. Et si quelqu’un est mal à l’aise, on reporte. Un principe : mieux vaut une soirée annulée qu’une soirée traumatisante.
Et prévoyez des serviettes, des capotes en plusieurs tailles, du lubrifiant (pas à base d’huile avec les préservatifs latex), et des snacks salés. Rien de pire qu’un coup de barre en plein gang bang.
7. Comment gérer la jalousie, le consentement et les MST ?

Réponse courte : La jalousie se travaille par la communication et la réassurance avant/après ; le consentement doit être continu et révocable à tout moment ; les MST se préviennent par des tests réguliers et des barrières physiques.
La jalousie, c’est l’ennemie n°1. Mais c’est aussi une émotion utile – elle signale un besoin non satisfait. Si vous regardez votre partenaire s’amuser avec un inconnu et que ça vous vrille l’estomac, ne dites pas « ça va, t’inquiète ». Dites : « Je ressens de la jalousie, peux-tu me prendre dans tes bras et me dire que tu m’aimes ? » Ça paraît cucul. Ça marche.
Pour le consentement, j’utilise la métaphore du feu de circulation : vert (je veux continuer), orange (ralentis, je suis mal à l’aise), rouge (stop immédiat). On vérifie régulièrement la couleur. Surtout quand on change d’acte – passer de la fellation à la pénétration, par exemple. Ça prend trois secondes. « Toujours vert ? » « Oui. »
Les MST. Le VIH n’est plus une condamnation à mort, mais la syphilis revient en force, et les hépatites, c’est pas une blague. Faites un dépistage complet (CeGIDD le plus proche : à Rennes ou Saint-Malo, hôpital) tous les six mois si vous êtes actifs. Et gardez les résultats sur votre téléphone. Les gens qui refusent de les montrer – dégagez-les. Point.
Et n’oubliez pas : le papillomavirus (HPV) se transmet même avec des préservatifs. Faites-vous vacciner. Garçons aussi. J’insiste.
8. Comparatif : club libertin vs soirée privée vs application – lequel choisir ?

Réponse courte : Club : plus cher mais sécurisé et direct. Soirée privée : plus intime mais dépend du réseau. Application : gratuit et large choix, mais beaucoup de faux profils et de lourds.
Je vous fais un tableau mental, puisque je n’ai pas de HTML autorisé ici. Allez, en vrac :
- Club libertin (ex : Le Garden près de Rennes, ou Les Chandelles à Nantes) : entrée 60-100€ par couple, souvent interdiction des hommes seuls (ou tarif dissuasif 120€). Avantage : vous voyez directement qui est là, pas de surprise. Inconvénient : l’ambiance club, la musique forte, parfois des regards de charognard.
- Soirée privée : gratuite ou participation pour l’apéro. Avantage : plus chaleureux, on peut discuter. Inconvénient : c’est chez quelqu’un, donc plus risqué si vous ne connaissez personne. Et il faut être coopté, ce qui prend des mois.
- Application (Feeld, #open) : gratuite ou abonnement 15€/mois. Avantage : vous filtrez par kinks, âge, distance. Inconvénient : les « charos » qui envoient des dick pics, les couples qui cherchent une « licorne » (femme bi) sans se soucier d’elle. Beaucoup de discussions pour rien.
Mon conseil : commencez par l’application, mais pour rencontrer en date normal d’abord. Un verre. Sans pression. Si le courant passe, organisez une soirée privée à quatre (deux couples). Puis, si vous voulez plus, tentez un club. Mais n’y allez pas un samedi soir bondé – préférez un mercredi. Les habitués sont plus bienveillants.
9. L’avis d’un sexologue (moi) : le sexe en groupe, bonne ou mauvaise idée pour votre couple ?

Réponse courte : Ni bonne ni mauvaise en soi – tout dépend de la solidité de la relation, de la communication, et du fait que les deux partenaires le veuillent réellement, sans pression extérieure.
J’ai accompagné des couples pour qui le plan à trois a été une révélation – ils se sont sentis plus proches, plus libres. Et d’autres pour qui ce fut le début de la fin. La différence ? Pas l’âge, pas le nombre d’années de vie commune. Mais la capacité à parler de tout sans se sentir jugé. Si vous n’arrivez pas à dire « je n’aime pas quand tu fais ça au lit » à deux, n’allez surtout pas inviter une tierce personne. Ce serait comme jeter une allumette dans une station-service.
Alors, mon conseil, en sexologue désabusé mais pas cynique : discutez pendant plusieurs semaines. Lisez des bouquins (je recommande L’éthique du libertinage de M. Foucault, non pas le philosophe – un homonyme). Fixez des limites claires. Et même comme ça, acceptez que vous puissiez vous tromper. Que l’un de vous se sente mal après. Et que ce soit autorisé de dire « plus jamais ». Sans que ce soit une faillite.
Et si vous êtes célibataire ? Alors profitez, mais avec les mêmes règles de sécurité. Le sexe en groupe, c’est comme les fruits de mer – délicieux si frais, mais une intoxication si négligé. Saint-Malo, ses huîtres et ses partouzes. Finalement, tout est question de confiance.
Guillaume Stephens – pour LedeclicDating, sur ledeclic.press. Si vous avez des questions, écrivez. Je ne répondrai pas à toutes, mais celles qui sont intelligentes, oui. Les autres, brûlez-les.